Télétravail. Isolement et travail à distance : comment créer du lien ?

par Noémie El-Baz

Le 31 Décembre 2020 à 23:59:59, le monde a connu quelques instants de réjouissance universelle : enfin, cette année chaotique était derrière nous. Instagram, LinkedIn et l’ensemble des réseaux sociaux ont été inondés de posts se félicitant de « tirer un trait sur 2020 » ou de « passer à autre chose ». Et tandis que les festivités de fin d’année battaient leur plein (dans le respect des règles de couvre-feu, bien sûr), une grande partie d’entre nous se laissaient aller à rêver d’un nouveau départ pour 2021. D’une page blanche sans contraintes, d’un retour à la « vie d’avant » .

Une période sous le signe de l’isolement des individus, et du travail à distance

Cependant, le matin du 1er Janvier, force était de constater que rien n’avait changé. Et le retour à la réalité a fait l’effet d’une douche froide à plus d’un. Car il devient de plus en plus difficile de nier l’évidence : le monde a changé, et un retour à « l’avant » n’est pas envisageable. Dans le cadre du travail, c’est encore plus vrai. Ainsi, des sociétés comme Google et Amazon, partiellement fermées depuis le début de la pandémie, n’envisagent pas de renvoyer leurs salariés au bureau avant l’été 2021. D’autres, comme Platform.sh, Ferpection ou Fizzer, ont tout bonnement décidé de passer au 100% télétravail.

Et bien que le travail à distance soit synonyme de nouveaux avantages, il amène aussi son lot de dangers. Et parmi ces dangers, se cache un ennemi pernicieux : l’isolement, qui menace la santé mentale de nombreux individus. Comme le résume Dorothée de Trégomain, vice-présidente de SOS Amitiés Ile de France, dans une interview donnée à France Culture : “Le thème de la solitude est le thème principal des gens qui nous appellent (42% des appelants) et il a explosé pendant le confinement.”

Évidemment, le télétravail n’est pas le seul coupable de cette situation. Correctement mis en place et accompagné par l’entreprise, il peut s’avérer bénéfique pour les individus. Mais lorsqu’il est subi, et qu’il s’accompagne d’un sentiment d’isolement et d’une détresse psychologique, comment sortir de sa spirale négative ?

Mettre en place des stratégies pour sortir de l’isolement

De nombreux acteurs ont saisi le problème à bras le corps, à grand renfort d’articles optimisés SEO et de conseils moyennement satisfaisants : « changez de station de travail de temps en temps dans la journée », « appelez vos proches », « organisez des déjeuners ou des apéros sur Zoom »… Autant d’injonctions à l’efficacité limitée.

La sensation d’isolement est une affliction psychologique profonde et complexe, que les entreprises en quête de référencement pour leur blog ne devraient pas être les seules à traiter en ligne. Chez Fleex, nous sommes convaincus qu’il reste important de parler de ce sujet qui reste encore très tabou. Nous n’avons pas la prétention d’avoir la solution au fléau qu’est l’isolement, mais nous avons identifié deux stratégies qui méritent d’être creusées. Des stratégies à la portée de chacun, qui ont fait leurs preuves.

Le pouvoir de la routine

Dans un contexte volatil et incertain, l’un des réflexes humains les plus communs est de recréer (parfois de manière factice) de la structure et des certitudes. Et pour ce faire, se créer des rituels (gestes, événements…) répétés ponctuellement permet d’apaiser les angoisses et le stress

Et pour avoir une réelle efficacité sur le sentiment d’isolement, ces rituels peuvent devenir des routines sociales, des rendez-vous avec son équipes, ses collaborateurs… Mais au-delà d’organiser un énième apéro Zoom, il est important de recréer des moments d’intimité et de partage similaires à ceux vécus en présentiel. Et dans ce domaine, certaines entreprises ne manquent pas d’inspiration !

Chez Backmarket, la plateforme dédiée aux produits reconditionnés, le bien-être des collaborateurs est une priorité. Pierre Mottais, son Culture Manager, a ainsi mis en place un ensemble de routines et d’événements destinés à rythmer le quotidien des équipes : 

  • Des ‘donuts coffee’, ou pauses café virtuelles de quinze minutes avec un collaborateur tiré au hasard, pour renforcer le lien dans l’entreprise ;
  • Une heure dédiée au jeu tous les vendredis, de 17h30 à 18h30 ;
  • Des ateliers ‘do-it-yourself’ à partir de kits reçus à domicile (faire son cocktail signature, confectionner sa propre mozzarella…) ;
  • La diffusion d’un film sur l’environnement une fois par mois ;
  • Des moments de cuisine en équipe, à distance ;
  • Des conférences d’invités et d’experts, chaque mois ;
  • ….

Bien sûr, toutes les entreprises ne sont pas égales en termes de moyens humains et financiers à allouer à l’organisation d’événements et la mise en place d’animations pour engager leurs collaborateurs. Cependant, il revient aux équipes RH de comprendre comment elles peuvent, à leur échelle et dans la limite de leurs possibilités, créer un cadre et un confort pour soutenir le moral de chacun.

La communauté pour pallier à l’isolement physique

Outre les moments partagés et organisés par l’employeur, les communautés (d’intérêt, identitaires, …) jouent un rôle important dans le développement d’une vie sociale à distance. À chacun d’identifier ses centres d’intérêt et de rejoindre des groupes d’individus en conséquence – communautés professionnelles ou de loisirs, tout est permis ! 

Et plus les valeurs de la communauté sont précises, plus l’engagement et le bien-être de ses membres s’en trouve renforcé. L’histoire d’Ethel’s Club illustre parfaitement cette bonne pratique. 

Début 2019, de l’autre côté de l’océan Atlantique, dans le quartier de Brooklyn à New York, l’espace de coworking Ethel’s Club ouvrait ses portes. Le lieu, créé par Najla Austin, était pensé selon les mots de sa fondatrice, “pour les personnes de couleur et leurs alliés”. Très vite, le concept attire et fait parler de lui. Mais avec l’arrivée de la pandémie début 2020, l’espace de coworking se voit contraint de fermer ses portes – alors que ses membres, appartenant à des minorités ethniques, souffrent parfois plus violemment des conséquences de la crise sanitaire que la moyenne. 

Qu’à cela ne tienne, Ethel’s Club se réinvente en ligne, et le coworking se transforme rapidement en “club social et espace de bien-être spécialement conçu pour les personnes de couleur, [pour] passer du temps ensemble et construire une communauté.” Playlists collaboratives, contenu streamé quotidiennement sur Zoom et Viméo, conférences sur l’inclusivité et la santé mentale, rencontres virtuelles entre membres, groupes de discussion, cours en ligne, performances artistiques… Très vite, la communauté dépasse la sphère professionnelle pour devenir un véritable mouvement, un refuge pour ses membres parfois très isolés. 

“Un espace fantastique pour les gens de couleur. M’a vraiment aidé à combattre l’isolement. Atmosphère chaleureuse et accueillante. Je me sens à ma place.” peut-on lire parmi les commentaires sur la page Facebook d’Ethel’s Club.

Ainsi, au-delà des réunions d’équipe et des moments de vie sociale virtuelle avec ses collaborateurs, il semble important que chacun apprenne à identifier ses valeurs et ses centres d’intérêt. Les frontières entre la sphère personnelle et la sphère professionnelle étant devenues beaucoup plus floues pour la majorité des travailleurs aujourd’hui, il est essentiel de préserver des interactions qui sortent du cadre du travail. Ces interactions contribuent à créer un lien qui permet de lutter plus efficacement contre l’isolement social, en ajoutant une dimension plus personnelle au quotidien de chacun.

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